Réponse courte. Qui est-ce ? est un jeu de déduction pour 2 joueurs, dès 6 ans, sur une quinzaine à une vingtaine de minutes. Il a une vraie valeur pédagogique — c'est souvent le premier jeu où un enfant comprend qu'une question bien posée élimine la moitié des possibilités — et une durée de vie limitée, parce qu'un adulte qui applique cette méthode gagne presque à chaque fois. La règle complète est détaillée sur notre page règles de Qui est-ce. Pour la suite, Bataille navale puis Just One.
Ce que l'enfant apprend vraiment en jouant
Les premières parties se ressemblent toutes : l'enfant demande « est-ce que c'est Paul ? » et rabat un seul visage. C'est normal, et c'est même l'intérêt du jeu. Au bout de quelques parties, il constate qu'une question portant sur les lunettes ou sur la couleur des cheveux fait tomber six ou huit visages d'un coup. Le passage du nom propre à la catégorie est un vrai saut, il se produit généralement entre 6 et 7 ans, et Qui est-ce ? est un des rares jeux à le provoquer aussi nettement.
Cet apprentissage a une conséquence désagréable : une fois qu'il est acquis, le jeu est terminé. Un joueur qui coupe systématiquement la population en deux gagne en cinq ou six questions, et la partie devient un exercice mécanique. Un adulte qui joue sérieusement bat un enfant de 6 ans quasiment à tous les coups, ce qui oblige à ralentir volontairement, exactement le travers que Gagne ton papa évite en calibrant la difficulté dans le matériel.
Le bon usage tient donc en une phrase : jouez-y beaucoup pendant un an, puis passez à autre chose. C'est un jeu d'apprentissage plus qu'un jeu de collection, et il n'a pas à rester dans l'armoire une fois son travail fait. Notre sélection jeux de déduction indique ce qui prend la suite selon l'âge.
Le principe en trois phrases
Chaque joueur dispose d'un tableau présentant la même galerie de personnages, chacun sur un volet rabattable, et tire en secret la carte du personnage que l'adversaire devra identifier. À tour de rôle, on pose une question fermée sur l'apparence du personnage recherché, à laquelle l'adversaire ne peut répondre que par oui ou par non.
Selon la réponse, on rabat tous les visages qui ne correspondent pas, jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un. Le premier joueur qui annonce le bon nom gagne la manche. Il n'y a pas d'élimination, pas de hasard une fois les cartes tirées, et rien à compter : tout se joue sur la qualité des questions.
La fiche du jeu
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Qui est-ce ?
Un duel de déduction où l'on identifie le personnage secret de l'adversaire en posant des questions fermées sur son apparence, en rabattant les visages éliminés au fur et à mesure. C'est le jeu qui fait comprendre à un enfant qu'une bonne question vaut mieux qu'une bonne intuition. Deux joueurs seulement, et un adulte qui joue à fond gagne presque toujours.
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Ce qui plaît
- L'enfant n'a pas besoin de savoir lire. Les questions se posent à l'oral et les visages se reconnaissent à l'image ; le nom écrit sous chaque portrait n'intervient qu'à l'annonce finale, qu'un adulte peut lire. C'est un des jeux sans lecture les plus riches de sa tranche d'âge.
- Le geste de rabattre est satisfaisant. Voir la galerie se vider matérialise le raisonnement, ce qu'aucune version numérique du même principe ne reproduit correctement.
- La partie dure ce qu'il faut. Un quart d'heure environ, et une manche isolée se boucle en cinq minutes, ce qui permet de s'arrêter sur une victoire de l'enfant.
- Il n'y a rien à préparer. Une fois les tableaux garnis, une partie démarre en dix secondes, sans mise en place ni distribution.
- Le vocabulaire progresse. Décrire un visage impose des mots précis, et l'enfant en gagne quelques-uns à chaque partie sans que cela ressemble à un exercice.
Ce qui gêne
Le jeu est mathématiquement plafonné. Avec une galerie de vingt-quatre visages, une stratégie qui coupe en deux à chaque question aboutit en cinq questions, et il n'existe rien au-dessus. Deux adultes qui jouent correctement font des parties parfaitement égales et parfaitement ennuyeuses. Le déséquilibre est structurel entre un joueur qui connaît la méthode et un joueur qui ne la connaît pas.
La galerie de personnages a mal vieilli. Elle est très majoritairement masculine, et les traits distinctifs se réduisent souvent à une moustache, un chapeau ou une paire de lunettes, ce qui limite la variété des questions possibles. Un enfant remarque assez vite qu'il pose toujours les trois mêmes.
Le matériel est fragile. Les volets rabattables sont des pièces plastiques minces, et il suffit qu'un enfant force pour en casser un ; un volet cassé rend le tableau inutilisable de ce côté. Sur les éditions à planches de personnages interchangeables, la mise en place des planches dans les cadres demande de la patience et se refait à chaque changement de galerie.
Enfin, le jeu se limite strictement à deux. Il n'existe pas de variante convaincante à trois, et une fratrie doit jouer en tournante, ce qui met un enfant à l'écart. Pour un même format de déduction jouable en famille, la sélection jeux enfant à deux joueurs précise les rares alternatives.
Pour qui
| Profil | Verdict | Pourquoi |
|---|---|---|
| Enfant de 5 ans | Sous réserve | Jouable si un adulte l'aide à formuler ses questions |
| Enfant de 6 à 8 ans | Oui | L'âge où le passage du nom à la catégorie se produit |
| Enfant de 9 ans et plus | Non | La méthode optimale est trouvée, la partie devient mécanique |
| Deux adultes | Non | Parties identiques et sans enjeu une fois la méthode connue |
| Un parent et un enfant | Oui | La configuration prévue, à condition que l'adulte se retienne |
| Fratrie de trois enfants | Non | Deux joueurs maximum, aucune variante satisfaisante |
À la place, si ce n'est pas pour vous
Trois jeux prolongent le même geste mental — réduire un champ de possibilités — avec plus de joueurs ou plus de résistance.
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Bataille navale
Chacun place ses navires sur une grille cachée et tire coordonnée par coordonnée pour reconstituer la flotte adverse. La déduction porte sur l'espace au lieu du visage, et une bonne série de tirs se raisonne vraiment. Comme Qui est-ce, elle reste bloquée à deux joueurs et se démonte quand les deux camps connaissent les mêmes techniques.
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Trio
On cherche à réunir trois cartes de même valeur en réclamant la plus haute ou la plus basse carte de la main des autres, ce qui oblige à mémoriser ce que chacun a montré. La déduction devient collective et se joue à plusieurs, contrairement au duel figé de Qui est-ce. Les parties sont très courtes, ce qui pousse à en enchaîner trois.
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Just One
Un joueur doit deviner un mot à partir d'indices écrits par les autres, sauf que les indices identiques s'annulent avant d'être montrés. C'est de la déduction coopérative, donc personne ne perd seul, et un enfant de 8 ans y est utile face à des adultes. Il faut savoir écrire, ce qui décale son usage d'un an ou deux après Qui est-ce.
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Prix constaté et versions
La boîte reste dans une fourchette modérée, généralement entre 15 et 25 €, ce qui la place parmi les jeux à moins de 20 € lors des opérations promotionnelles. Le contenu se limite aux deux tableaux, aux volets et aux cartes de personnages. Aucune pile n'est nécessaire, et le rangement se fait à plat.
Deux familles d'éditions coexistent. Les anciennes impriment les visages directement dans les tableaux, ce qui interdit tout changement de galerie. Les plus récentes utilisent des planches de personnages à glisser dans les cadres, ce qui permet de renouveler la galerie et de remplacer une planche abîmée sans racheter la boîte. Vérifiez ce point sur le descriptif si le renouvellement vous importe.
Des versions sous licence existent, avec des univers de dessin animé ou de cinéma à la place de la galerie classique. Le mécanisme est identique et la difficulté aussi ; l'intérêt est de proposer des personnages que l'enfant a envie de nommer, ce qui compte plus qu'on ne croit à 6 ans. Il existe aussi des formats de voyage à volets réduits, corrects en train mais moins agréables à manipuler pour de petites mains.
Pour aller plus loin
- Les règles de Qui est-ceMise en place, questions autorisées, cas litigieux
- Jeux de société pour 6 ansLa tranche d'âge où il prend tout son sens
- Jeux de déductionCe qui prend la suite, de 7 ans à l'âge adulte
- Avis Bataille navaleLa même déduction, sur une grille
- Avis Just OneLa déduction coopérative en famille, dès 8 ans
- Avis TrioDéduire à plusieurs, en parties très courtes
- Les classiques familiauxCe qui tient encore parmi les jeux que tous ont eus
- Jouer avec ses enfantsQuand l'adulte doit se retenir, et comment
Questions fréquentes
Qui est-ce, à partir de quel âge ?
La boîte indique 6 ans et c'est l'âge où le jeu devient intéressant, parce que l'enfant commence à poser des questions par catégorie et non par nom. À 5 ans, il joue si un adulte l'aide à formuler ses questions. Après 9 ans, la méthode optimale est acquise et la partie n'apporte plus grand-chose.
Faut-il savoir lire pour jouer à Qui est-ce ?
Non. Les questions se posent à l'oral et les visages se reconnaissent à l'image ; le nom écrit sous chaque portrait sert uniquement à annoncer la réponse finale, et un adulte peut le lire à voix haute. C'est un des rares jeux de déduction accessibles avant l'apprentissage de la lecture.
Peut-on jouer à Qui est-ce à trois ?
Non, le jeu est prévu pour deux et il n'existe pas de variante satisfaisante. Avec trois enfants, faites jouer les deux premiers et confiez au troisième le rôle d'arbitre qui vérifie les réponses, puis tournez. Pour une déduction réellement collective, Trio ou Just One conviennent mieux.
Quelle est la meilleure stratégie ?
Poser à chaque tour une question qui élimine environ la moitié des visages restants, plutôt qu'une question qui n'en écarte que deux ou trois. Sur une galerie de vingt-quatre personnages, cette méthode conclut en cinq ou six questions. C'est aussi ce qui rend le jeu peu intéressant entre deux joueurs qui la connaissent tous les deux.