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Faire jouer quelqu'un qui n'aime pas les jeux de société

Personne ne déteste les jeux de société en général — on déteste une expérience précise, presque toujours une partie de Monopoly trop longue perdue d'avance.

Réponse courte. Demandez ce qui a déplu la dernière fois, puis choisissez le jeu qui répond à cette objection précise — Skyjo pour « c'est trop long », Dixit pour « je suis nul à ces trucs », Time's Up pour « je n'aime pas attendre mon tour ». N'annoncez pas une soirée jeux, ne laissez pas la personne choisir dans une pile de boîtes, et arrêtez après une seule partie même si elle s'amuse.

Le refus porte sur un souvenir, pas sur le loisir

Quand quelqu'un dit ne pas aimer les jeux de société, il décrit en général une expérience unique et ancienne — une partie interminable où il a compris au bout de vingt minutes qu'il ne pouvait plus gagner, et où il a dû rester assis jusqu'à la fin. Le Monopoly produit exactement cela, et le Trivial Pursuit ajoute une humiliation publique sur des connaissances qu'on n'a pas. Trente ans plus tard, la personne a rangé tout le loisir dans la même catégorie.

La première chose à faire n'est donc pas de proposer un jeu, c'est de poser une question. « Qu'est-ce qui t'a saoulé la dernière fois ? » obtient une réponse précise en une phrase, et cette phrase désigne le jeu à sortir. Les réponses se répartissent en quatre familles — la durée, la peur d'être mauvais, le rapport de force entre joueurs, et l'attente entre les tours. Chacune a une solution différente, et proposer le mauvais remède ferme définitivement la porte.

La deuxième chose à faire est de renoncer au vocabulaire. « Soirée jeux » évoque une contrainte sociale, une table, des règles et une durée. Un paquet de cartes posé sur une table basse après le dessert n'évoque rien du tout. La différence de résultat entre ces deux formulations est considérable, pour un contenu identique.

Les quatre objections et ce qui y répond

« C'est trop long »

C'est l'objection la plus fréquente et la plus facile à traiter. Répondez par un jeu dont la partie complète dure moins de vingt minutes et dont l'explication tient en une minute. Skyjo et Sea Salt & Paper remplissent les deux conditions. Annoncez la durée avant de commencer — « c'est vingt minutes, montre en main » — et tenez parole en rangeant à la fin, même si l'ambiance est bonne. La personne repart avec l'idée qu'un jeu peut être court, ce qui est exactement l'acquis recherché.

« Je suis nul à ces trucs »

Derrière cette phrase, il y a la crainte d'exposer sa lenteur de calcul devant les autres. Le remède est un jeu où l'on ne calcule rien et où la réussite dépend de la manière de s'exprimer. Dixit et Just One sont les deux meilleurs candidats — un débutant y est immédiatement au niveau des habitués, et il arrive souvent qu'il soit meilleur, parce qu'il ne cherche pas à faire compliqué. Évitez absolument un jeu de gestion, même simple, pour une première tentative.

« Je n'aime pas jouer contre les gens »

Certaines personnes n'ont aucun problème avec les règles mais refusent l'affrontement direct, surtout en famille. Deux voies existent. La première est le jeu coopératif, où toute la table joue contre le jeu — voyez nos meilleurs jeux coopératifs et notamment The Crew. La seconde est le jeu où l'on construit chacun dans son coin sans pouvoir attaquer les autres, comme Sea Salt & Paper ou les jeux de pose de tuiles. Ne proposez pas un jeu de bluff ou de négociation dans ce cas de figure.

« On attend son tour pendant une heure »

C'est l'objection des gens qui bougent beaucoup et qui décrochent vite. La réponse est un jeu simultané ou par équipes, où personne n'a de temps mort. Time's Up, où l'on joue en équipes contre un sablier, supprime totalement l'attente. Les jeux où tout le monde choisit une carte en même temps produisent le même effet. Notre sélection de jeux rapides couvre les deux cas.

Quatre boîtes qui convertissent

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Quelle objection appelle quel jeu

Ce qu'on vous ditCe que ça veut direLe jeu à sortirCe qu'il ne faut surtout pas proposer
« C'est trop long »Souvenir d'une partie sans finSkyjo, Sea Salt & PaperTout jeu de plateau d'une heure
« Je suis nul »Peur du jugementDixit, Just OneUn jeu de culture générale
« J'aime pas la compétition »Refus du conflit à tableThe Crew, jeux coopératifsUn jeu de bluff ou de négociation
« On attend trop »Besoin de bougerTime's Up, jeux par équipesUn jeu à tour par tour à six joueurs
« Ça sert à rien »Aucune expérience récenteUn jeu de dix minutes, sans annonceUne soirée jeux organisée

Ce qu'il faut faire et ne pas faire à la première partie

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quel jeu de société pour quelqu'un qui n'aime pas les jeux de société ?

Skyjo en premier choix, parce que la règle tient en trois phrases et qu'on peut participer sans stratégie. Dixit si la personne redoute surtout de paraître mauvaise, puisqu'il n'y a rien à calculer. Sea Salt & Paper si le matériel compte pour elle. Évitez tout jeu de plus de trente minutes pour une première tentative.

Comment convaincre quelqu'un de jouer sans le forcer ?

Ne posez pas la question et ne parlez pas de soirée jeux. Sortez un petit jeu après le repas, installez-le, et commencez à jouer avec ceux qui sont partants. La personne regarde une manche puis demande à essayer dans la plupart des cas — c'est nettement plus efficace qu'une invitation formelle.

Pourquoi le Monopoly dégoûte-t-il autant de gens ?

Parce que le résultat se joue tôt, que la partie continue longtemps après, et que le perdant subit sans pouvoir agir. Ajoutez des règles maison qui rallongent encore la durée et vous obtenez le souvenir décrit par presque tous les non-joueurs. Les Aventuriers du Rail offrent la même sensation de construction avec une fin nette et une heure de jeu.

Faut-il laisser gagner un débutant ?

Non, mais ne cherchez pas à gagner non plus. Jouez en commentant vos choix, ce qui aide le débutant à comprendre les options sans qu'on lui offre la victoire. Un adulte repère immédiatement qu'on l'a laissé gagner et le vit comme une condescendance, contrairement à un enfant de six ans.